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Des Trois Mousquetaires, je me rappelais bien les exploits au combat de D’Artagnan, le jeune et fougueux Gascon qui monte sur Paris pour se joindre au service du roi Louis XIII et déjouer les complots qui menacent son règne et sa reine. Je me souvenais moins de ses exploits dans les bras de toutes ces femmes, faits d’armes qui sont maintenant bien ancrés, et d’amusante façon, dans ma mémoire.

D'Artagnan

C’est avec une belle anticipation que je prenais mon siège au Théâtre du Nouveau Monde pour la production à grand déploiement de l’oeuvre-feuilleton d’Alexandre Dumas. Cette anticipation n’a pas été déçue. Pourtant, le défi était de taille pour le metteur en scène, Serge Denoncourt. Une multitude de personnages dont le passé, les douleurs et les passions n’ont pas été passés sous silence, ce qui sert à enrichir une pièce qui autrement aurait plu mais aurait moins touché. Je pense notamment aux tourments d’Athos, bien rendus par le ténébreux Éric Bruneau. Ou à la vanité de Porthos, qui enchante avec son arrogance et ses traités sur la mode… fashioniseverywhere, même dans les rues sales du Paris de 1625 (les costumes sont d’ailleurs très beaux).

L’autre défi, l’autre multitude, c’est celle des lieux où doit se passer l’action… et de l’action, il y en a beaucoup. Combats, chevauchées, beuveries, trahisons, amitiés indissolubles (un pour tous…), effets spéciaux et scènes où j’aurais peut-être dû cacher les yeux de ma nièce de 12 ans, il y en a pour plaire à tous. Vraiment. Et c’est la mise en scène qui permet cela.

combat

Que dire du jeu du jeune comédien Philippe Thibault-Denis, incarnant D’Artagnan avec tout le courage, l’insouciance, le charme, l’ambition et les faiblesses dûs au personnage de Dumas? Une belle révélation de par son agilité à jouer et à manier l’épée autant que le coussin pour cacher sa nudité!

DArtagnan_Milady

Le reste de la distribution ne déçoit aucunement non plus. La glaciale Mylady de Winter (Julie Le Breton) face à la chaleureuse Constance Bonacieux (Marie-Pier Labrecque). Le très drôle Planchet, irremplaçable valet de D’Artagnan, le détestable cardinal de Richelieu (Luc Bourgeois), pour ne nommer que ceux-là

L’adaptation de cette épique trilogie par Pierre Yves Lemieux comporte quelques caricatures. Une plus gênante que les autres, à mon avis. Celle de Louis XIII, ou “Louis le Juste”, un roi religieux et guerrier (mais tolérant) qui a agrandi le royaume et affirmé la supériorité militaire française, et qui est ici présenté comme un mélange de gamin et de “grande folle” pour aller chercher (efficacement, je dois dire) quelques rires de plus. Mais ça passe, car le théâtre c’est aussi l’exagération de certains traits. Et l’on murmurait que sa majesté, père du Roi-Soleil, était bisexuel, alors voilà peut-être un début d’explication.

TroisMousquetaires_photo-Jean-Francois-Gratton_une-communication-Compagnie-et-cie

Mais en somme, ces Mousquetaires restent un coup de coeur. Des représentations supplémentaires ont été ajoutées jusqu’au 3 septembre. Ne traînez pas trop pour vous procurer vos billets, par contre. La pièce est populaire et les places partent vite.

Bon théâtre, et à bientôt pour ma revue de la saison théâtrale à venir, à Montréal, surtout, mais aussi à Québec, qui a une affiche alléchante pour 2015-2016!

Jonathan

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Jonathan a eu la piqûre mode tardive, à force d’accompagner sa blonde (brune, rousse, rose) Lolitta dans ce monde en perpétuel mouvement qui lui a permis de faire de fascinantes rencontres et découvertes. Passionné d’écriture et grand amateur d’art et de culture, Jonathan signe les articles culturels du blogue. Il est aussi le chroniqueur mode et beauté masculine de Fashion Is Everywhere, et se compte bien chanceux d’être le seul gars de l’équipe, entouré de quatre extraordinaires collaboratrices. Il est aussi le réviseur et traducteur du blogue... faque s’il y a une faute, c’est de sa faute! Ah oui! Il trippe golf ;)