
Il y a quelques semaines, j’ai été invitée à découvrir les ateliers d’Antonio Ortega. Présentant ses collections de Haute Couture à Paris, le designer a toutefois choisi Montréal pour installer ses ateliers. Même s’il est originaire du Mexique et qu’il a vécu dans la capitale française, Montréal reste pour lui la maison, l’endroit où il se sent confortable.

Direction le Mile Ex, par une soirée pluvieuse et froide du mois de novembre, afin d’entrer dans l’univers du créateur. Situé au 3e étage d’un immeuble à bureaux, le studio est bondé d’invités. Il faut dire que les collections du designer connaissent un beau succès. Non seulement Antonio Ortega présente ses collections à Paris depuis 2014, mais il compte des clients partout dans le monde et ses vêtements ont été mis de l’avant dans divers magazines internationaux, dont L’Officiel.

C’est après avoir traversé les gens, les cocktails, les bouchées et le dj que j’arrive finalement à l’espace de design. Je commence par découvrir les collections du designer à travers une projection. On m’explique qu’avant d’entrer dans l’atelier, je dois me laver les mains. Une petite section avec serviettes et savon a été aménagée juste à côté de la porte. Ainsi, les invités peuvent toucher à tous les vêtements et tous les tissus, sans risquer de les salir.

Entrer dans l’univers d’un designer de mode est toujours impressionnant. L’atelier d’un artiste, peu importe sa forme d’art, regorge généralement d’inspirations et de couleurs. Pour Antonio Ortega, sa «vision de la couture évolue comme un tableau.»
Passionné par l’artisanat et soucieux du détail, le créateur a construit sa vie autour de son rêve d’accéder au monde de la Haute Couture. Né à Morelia, ville mexicaine reconnue pour son artisanat, et cadet d’une famille de 15 enfants, Antonio Ortega a commencé à coudre à l’âge de 8 ans. Il étudie le stylisme et collabore en 1994 avec la Maison de l’artisanat mexicain où il apprend des techniques ancestrales comme le tressage, le tissage, la broderie et l’ajour. Ce savoir-faire se transpose aujourd’hui dans ses collections Haute Couture.

En 2001, il s’envole vers Paris où il intègre l’école atelier de mode et de stylisme Chardon Savard. Parmi les étudiants on compte les anciens directeurs artistiques de Carven, Alexis Martial et Adrien Caillaudaud. Sa passion pour la Haute Couture se confirme et Antonio Ortega lance sa griffe la même année.

Depuis, le designer joue avec les contrastes de matériaux nobles, technologiques et textiles naturels. Ses matières proviennent toutes d’Europe, mais Antonio Ortega choisi les meilleurs artisans en ville afin de respecter le savoir-faire et les traditions de la Haute Couture.


Ce savoir-faire se ressent immédiatement. Les tissus sont de qualité et les pièces sont toutes originales. Ses créations ne ressemblent à rien d’autre. On sent le désir qu’a le créateur de toujours pousser les limites de son art. Les rouleaux de tissus, plus différents les uns que les autres, s’empilent dans les coins alors que les vêtements, les accessoires et les dessins d’inspirations sont placés un peu partout dans la pièce. Alors que nous discutons devant six machines à coudre, il m’explique qu’une de ses robes en dentelle avec un design en crochet au dos a pris deux ans à confectionner avec l’aide de différents artisans. Deux ans!


En observant les créations de près, j’ai adoré le mélange de couleurs, mais aussi l’utilisation très originale des tissus. Antonio Ortega mélange les textures et les matières pour créer de superbes pièces. Nous avons pu voir l’évolution d’une collection… des croquis, aux choix de tissus; de la production au résultat final.

Le but de ma visite était en fait de découvrir la collection Prêt-à-Porter d’Antonio Ortega. Celui qui a présenté six défilés lors de la Semaine de Haute Couture à Paris voulait lancer une collection capsule de prêt à porter. La collection comprend de superbes vestes aux manches en tweed scintillant, ainsi que plusieurs pièces plus basiques pour hommes et femmes. La collection sera disponible directement à l’atelier sur rendez-vous.
Lauriane xx




