Je me rappelle encore de ma première rencontre avec Philippe Dubuc. On était en 2006, je venais de commencer à travailler dans l’industrie et j’écrivais un reportage sur lui pour le magazine La Voix au Masculin. En me rendant à son atelier sur Saint-Denis, j’étais hyper nerveuse, car j’avais peur de ne pas être à la hauteur. À l’époque, le créateur venait de faire faillite malgré de très belles collections et un bon chiffre d’affaires. Cet échec aurait pu le casser, mais Philippe Dubuc s’était relevé, avait réhypothéqué sa résidence et s’était relancé dans l’arène.

13 ans plus tard, me revoilà en entrevue avec le designer. Cette fois, Philippe Dubuc me confie qu’il a vécu des moments difficiles et même un petit passage à vide dans les dernières années, pas par manque de passion ou de créativité, mais plutôt en raison de l’évolution de l’industrie en soi. Je n’ai pas besoin de vous dire qu’être un créateur indépendant au Québec n’est pas plus évident aujourd’hui qu’en 2006… 

Mais sa voix est enjouée et il a surtout de bonnes nouvelles à m’annoncer! Depuis presque deux ans, il s’est joint (en secret) au groupe Sarah Pacini en tant que designer. La maison d’origine belge qui connaît un succès international avec son style luxe décontracté signature cherchait à se lancer dans la mode masculine depuis quelques années. De son côté, après de belles collaborations avec Simons et Kanuk, Philippe était à la recherche d’une nouvelle aventure, tout en continuant de perpétuer la marque Dubuc.

Et c’est exactement ce que la PDG du groupe, Naila Jaffer, lui a offert : de joindre l’équipe de design de Sarah Pacini Man, en plus de continuer à faire évoluer sa marque éponyme. Un très beau cadeau pour Philippe Dubuc, qui venait alors de fêter son 50e anniversaire.

La (très belle) campagne printemps 2019 de Sarah Pacini Man, qui met en vedette le top-modèle Francisco Lachowski, est la première collection sur laquelle Philippe Dubuc a travaillé. Même s’il oeuvre au sein d’une équipe, on sent déjà sa touche à travers les coupes impeccables et les petits détails qui font toute la différence. On voit également que le créateur québécois s’est bien imprégné de la philosophie Sarah Pacini lors de ses nombreux voyages à Bruxelles. Dans la dernière année et demie, il a effectivement passé beaucoup de temps dans les ateliers de la société internationale et il m’a confié que ça lui a fait énormément de bien. Je connais bien la Belgique parce que j’y ai vécu près de 5 ans et je comprends comment son esthétique et sa sensibilité sont un parfait “fit” avec le style belge.

Si vous vous demandez aussi ce qui va concrètement se passer pour la marque Philippe Dubuc… je peux vous dire qu’elle fait maintenant partie du groupe Sarah Pacini, mais elle sera toujours exclusivement dessinée par le créateur québécois. Pour Philippe, cela représente le meilleur des deux mondes puisqu’il gardera toute sa liberté de création, tout en bénéficiant de la structure et des moyens d’un groupe d’envergure internationale… où tout est possible! On devrait sentir les premiers effets de cette fusion dans le nouveau site Philippe Dubuc, qui devrait être prêt dans les prochaines semaines.

Une autre belle preuve de cette liberté sont les projets parallèles du créateur, qui continuent de s’inscrire à son agenda des prochaines années. Tout d’abord, sa collection continuera d’être offerte à la Maison Simons et, petit scoop, il signera les costumes d’une des oeuvres phares de la saison 2020 de l’Opéra de Montréal

Théodore Pellerin pour Philippe Dubuc – Photos : Jean-Claude Lussier
Théodore Pellerin pour Philippe Dubuc – Photos : Jean-Claude Lussier

Plus de création et moins de gestion, voilà ce qui attend le designer dans les prochaines années… et après plus de 20 ans de travail acharné à son compte, on ne pouvait lui souhaiter mieux!  

Lolitta xx

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Pour découvrir les nouvelles collections Sarah Pacini Man et Philippe Dubuc,
rendez-vous aux trois points de vente montréalais suivants :
-Pop-Up Westmount (4919 Sherbrooke Ouest)

-Les Cours Mont-Royal (1455, Peel. 2e étage)
-Boutique Philippe Dubuc (417, rue Saint-Pierre)

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