Comme bon nombre d’entre vous, j’ai vu passer et j’ai signé Le Pacte de la transition, initié par Dominic Champagne et des centaines d’artistes, scientifiques et leaders québécois de différents secteurs. Ce manifeste fait suite aux nombreux cris d’alarme sur le réchauffement climatique dont nous entendons parler depuis de nombreuses années, certes, mais qui semblent récemment avoir non seulement sensibilisé, mais surtout mobilisé un nombre grandissant de Québécois. D’où la Grande marche – La planète s’invite au Parlement qui a eu lieu samedi à Montréal, et dans plusieurs autres villes du Québec. L’objectif du Pacte est évidemment de recueillir le plus grand nombre de signatures, mais d’abord et avant tout, de nous inciter à passer de la parole aux actes.

De manière personnelle, je suis relativement fière de mon mode de vie. Je n’ai jamais eu de voiture, je marche ou j’enfourche un Bixi chaque fois que la température et/ou mon horaire le permettent et le reste du temps, j’utilise les transports en commun. À la maison, on recycle et on composte depuis longtemps. Côté alimentation, on essaye d’acheter plus de produits locaux, tout en ayant réduit notre consommation de viande et de produits laitiers. Ceci étant dit, j’ai encore beaucoup d’améliorations à faire. J’en ai encore eu la preuve en calculant mon empreinte écologique, qui était plus importante que je le pensais! Selon le Global Footprint Network, si tout le monde vivait comme moi, on aurait besoin de 2,3 planètes (et je vous rappelle que je n’ai jamais eu de voiture)!

Outre ma responsabilité personnelle, je réfléchis beaucoup à ma responsabilité sociale, et Le Pacte n’a fait qu’intensifier cette réflexion. Je suis très consciente que l’industrie du vêtement est l’une des plus polluantes sur la planète (je vous invite d’ailleurs à regarder l’excellent documentaire The True Cost pour mieux comprendre son impact sur la planète – il est dispo sur Netflix). Je suis tout aussi consciente qu’en tant que journaliste et blogueuse mode, j’encourage la consommation. Je parle de tendances, de sorties de nouvelles collections et avec le partage de mes nombreux looks, je vous donne souvent envie de magasiner… 

Alors comment faire pour continuer à vivre de ce que j’aime, tout en ne faisant pas grimper l’empreinte écologique autour de moi? Comment est-ce que je prends ce pacte avec moi-même, tout en m’engageant envers vous également?

Looks mettant en vedette des pièces de créateurs locaux (2018)

Une partie de la réponse me paraît très claire, et je suis fière de le faire depuis le lancement de FashionIsEverywhere… encourager la consommation locale en vous faisant découvrir des créateurs de chez nous (Widiz Élégance, MABA, V-Franz, Denis Gagnon) des marques qui produisent localement (Le Château, Tristan, Marigold), des artisans qui utilisent des matériaux écologiques ou recyclés (Harricana), mais aussi en privilégiant des entreprises qui viennent d’ici et engagent ici (Simons, 1861).

Looks mettant en vedette des pièces provenant uniquement d’entreprises montréalaises (2018)

Une autre évidence est de continuer à démystifier le magasinage de seconde main, en vous montrant de manière concrète les trésors qu’on peut trouver dans les friperies. Mais aussi en encourageant la panoplie d’initiatives qui nous permettent de consommer de façon plus responsable. Je pense aux ventes vide-dressing, aux clothing swaps, aux marchés vintage, ou encore aux entreprises de location de vêtements.

Looks mettant en vedette des pièces de seconde main (2018)

Ceci étant dit, je veux le faire davantage, et c’est le pacte que je prends envers vous aujourd’hui. Par contre, je mentirais si je vous disais que je vais uniquement vous proposer des options locales ou de seconde main… si Nike lance une collaboration exceptionnelle ou que Levi’s sort une collection de jeans inspirés par Woodstock, je risque de vous en parler. De plus, je ne veux pas vous dicter une ligne de conduite mode, je veux que vous fassiez vos propres choix. Mais de mon côté, je m’engage à faire des choix que je pourrai toujours justifier.

Par exemple, si on regarde les géants de la fast fashion… je me sens beaucoup plus à l’aise de “promouvoir” H&M parce que je pense que la compagnie suédoise fait des efforts concrets pour devenir plus verts et réparer certaines de leurs erreurs (entre autre depuis le désastre du Rana Plaza et la sortie du documentaire The True Cost). Je pense à leurs bacs de récupération de vêtements en magasin, aux collections utilisant uniquement des matériaux durables (Conscious), à des petites collaborations avec des artistes locaux (collection Rethink Breast Cancer avec l’artiste canadienne Quinn Rockliff) et surtout, à leur engagement d’utiliser uniquement des matériaux recyclés ou renouvelables d’ici 2030. Par contre, ça fait maintenant 6 mois que je n’ai plus magasiné chez Zara, ni partagé un look avec une de leurs pièces, et la raison est simple… la compagnie ne semble pas faire d’efforts assez importants à ce niveau. Inditex (le conglomérat mode dont Zara fait partie) n’a d’ailleurs toujours pas signé le “Apparel and Footwear Supply Chain Transparency Pledge“.

En terminant, je veux m’engager à vous donner des solutions concrètes pour les vêtements et accessoires dont vous ne voulez plus. Car c’est bien de mieux consommer, mais il faut également mieux se départir. Normalement, on ne devrait rien jeter, même les vêtements très usés ou les chaussures complètement abimées… il faut juste savoir quoi en faire. Et ce sont là les réponses que je vais aller chercher et que je partagerai dans un prochain article.

Ceci est un début de réflexion… que je vous promets de poursuivre et de tranquillement appliquer avec des gestes concrets. 

Lolitta xx

Comments

comments